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Samuel Courtois
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La nuit sans lunePar Samuel Courtois :: 24/07/2007 à 12:39 :: Maroc
Il n’y a maintenant plus d’huile pour le pain, plus de lueur à l’horizon, plus de feu pour le thé, plus d’oiseaux pour le silence. Je tire ma natte et ma couverture à l’écart du foyer. La nuit sans lune est peuplée de milliards d'étoiles. D'araignées, de scorpions, de gerbilles et de poissons. Des cailloux et des tracesPar Samuel Courtois :: 21/07/2007 à 15:59 :: Maroc
Les verres que l’on dépose font des ronds sur le sable. Les grains agglutinés par le thé roulent en bas de la pente. Le jour s’apaise enfin. Lentement, comme le reste. Les dromadaires entravés s’éloignent vers la source en sautillant. Les dunes étirent leurs ombres, jaunes, orangées, multicolores. Le soleil rougeoyant a disparu derrière les crêtes. Les ombres élastiques se fondent maintenant dans leur masse. Le vent s’est tu. Le silence règne. Et le reflux du sable a laissé derrière lui des cailloux et des traces. Celles de Brahim s’éloignent encore en direction de la montagne. Sa silhouette enténébrée se perdra bientôt dans la nuit. Le murmure du thé dans les verres, et Mohamed qui veut me voir écrire. Raconter son pays. Je n’en sais pas grand-chose. Le vent, le sable, et puis rien d’autre. De la chaleur un peu, et le pas lourd des dromadaires. Eux aussi disparaîtront bientôt, dans les ténèbres d’une nuit sans lune. Les yeux levés vers le ciel, j’attends déjà les étoiles. Ils n’ont pas dû se satisfaire de rien, pour vouloir se perdre encore dans le vide. Jour de carêmePar Samuel Courtois :: 18/07/2007 à 9:15 :: Poésies
Seul, un croissant de lune Descend sur l’horizon. Le ciel s’enivre A l’appel du muezzin. Le cœur est à la fête. La radio psalmodie Des versets en arabe, Etouffés par le chant des femmes. Sous la tente, Le thé coule toujours. Jour de carême. Hammo ne mange pas. Mes doigts dégoulinent Au dessus d'une soupe aux lentilles. Le pain est frais et croustillant. Les chèvres se sont tues. Le vent aussi, S'évanouit derrière les dunes. Sous la tente, Le thé coule toujours. Rupture du jeune Lorsqu’on ne distingue plus Un fil blanc d’un fil noir. Le lait aigre des chèvres, Le pain, Les dattes. Retrouvailles généreuses Autour de la famille assemblée. Sous la tente, Le thé coule toujours. En attendant aprèsPar Samuel Courtois :: 13/07/2007 à 7:50 :: Maroc
Au-delà du muret, un jardin. Un jardin sec. Un jardin sec et seul. Immensité close, pour trois fois rien. Les plantes aussi cherchent l’espace. Elles voient venir au loin les dunes de Chigaga. Les dunes qui progressent à pas de grains infimes. Patience de la terre, et patience du jardin. Qui enseigne aux hommes libres la nonchalance des braises. Au-delà du muret, j’entends le thé qu’on verse. Le thé au fond des verres, en attendant après. Timia, NigerPar Samuel Courtois :: 11/07/2007 à 12:02 :: Niger
A l’approche des monts Bagzane, le terrain devient de plus en plus accidenté. Les montagnes s’élèvent et les vallées se resserrent. Manquent maintenant les touffes d’herbe et l’ombre salvatrice des arbres au milieu des amas rocheux que les chameaux peinent à franchir.
En arrivant dans les ruelles de Timia, la lune brille haut dans le ciel. Nous baraquons et quittons l’oued pour pénétrer dans un dédale de couloirs serpentant entre les petites maisons de banco. Je ne distingue du paysage que la silhouette des palmiers hirsutes et des sombres montagnes au dessus des maisons bleutées par la nuit. J’entends les cris des enfants, les conversations des femmes et des hommes, mais ne verrai personne ce soir là. Les sons qui me parviennent sont les échos d’une vie simple mais joyeuse, comme une invisible cour de récréation. Mbout, MauritaniePar Samuel Courtois :: 10/07/2007 à 19:42 :: Mauritanie
La fourgonnette quitte Sélibabi à la fin du jour, vers un horizon toujours plus lointain. Quelques ensablements plus tard, la tempête de sable qui fait rage nous oblige à stopper notre lente progression. Il n’est plus possible de voir à plus de trente centimètres. Mbout, village fantomatique émergeant du sable après plusieurs centaines de kilomètres sans âme, nous accueille avec la nuit. Il s’agit visiblement d’une étape connue des voyageurs. Les maîtresses de maisons semblaient nous attendre. Elles installent pour nous des nattes sur le bord de la piste, et nous offrent le zrik, traditionnel lait caillé invariablement proposé aux étrangers de passage. Mes compagnons de route et moi avalons un copieux couscous, puis trois petits verres de thé à la menthe, alors que la fatigue me pousse déjà dans les bras du sommeil. Je m’endors sur place, dans la douceur de la nuit. Le désert est la maison de tous ceux qui y vivent. Nul besoin de toit ni de porte. Là ou je pose ma natte est mon foyer. Suprême liberté, beauté de l’instant O combien chères à tous les nomades de la terre. SentierPar Samuel Courtois :: 09/07/2007 à 8:08 :: Poésies
Le désert est chemin le chemin est désert Où l’on chemine en douce laissant le pas se faire Sur des sables volants dans les plis de l’étoile Du berger en errance en des sentiers de voile |
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