Errances Sahariennes

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Samuel Courtois

Samuel Courtois Carnets de route au désert, poésies, écrits en errance. Sensations notées au pas des chameaux, sur mon cahier d'école. Pas de photos, ni de technologies complexes. Un bic et du papier... volant.

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La terre s'éclaircie peu à peu

Par Samuel Courtois :: 04/07/2007 à 8:10 :: Maroc

Le jour se lève sur le campement. Les chèvres et les femmes, les hommes, les vieillards et les enfants. Le ciel rouge et lointain pâlit. D'un bout à l'autre de la plaine, la terre s'éclaircie peu à peu. La vie s'éveille dans les ténèbres. Je profite encore de la pénombre pour me cacher non loin, silhouette accroupie derrière un buisson d'épines.

 

Un troupeau de chèvres s’agite. Une fillette chantonne. Une bouilloire grince. Et déjà l’odeur du feu de bois. L’odeur de la vie. Alors qu’un vieillard s’installe, pour la journée, entre un enfant à moitié nu et un tas d’ustensiles rouillés.

 

Le va-et-vient est familier. Le puits, le moulin, le four. Au dehors, les cailloux et le soleil. Jusqu’aux ergs vaporeux que je devine à l’horizon.

Les poches remplies de dattes

Par Samuel Courtois :: 02/07/2007 à 15:03 :: Maroc

Le vent nous chasse. Nous devons retrouver les cailloux. La tempête menace. Nous trouverons un puits, en marchant vers le nord ouest. Le pas est franc. Les petites dunes se succèdent. Quelques arbres timides font des taches vertes, sur l’immensité bleue du ciel. Etourdissante harmonie, perfection des couleurs et des formes, dans la fureur des éléments. Nous marchons encore. Le dromadaire peine. Mes jambes sont lourdes.

 

Enfin, le puits. Déchargement du chouari, collecte du bois, préparation du thé. Rituel instinctif. Moha et moi, les poches remplies de dattes, nous perchons sur la branche d’un arbre. Nous grignotons nos sucreries, comme deux enfants loin des regards. Complicité silencieuse. Nous attendons, muets, que les ombres du soir, féeriques, s’étirent sur le sable des dunes.

 

Le soleil rougeoie, le vent fraîchit. Je me suis enfin habitué au rythme de marche quotidien. Aujourd’hui, cinquante kilomètres. Je ne suis pas fatigué. Par contre, mon turban sent la sueur, le feu de bois, le dromadaire et le thé. Mes yeux sont pleins de sable et mes pieds se dessèchent. Ma peau est colorée et je fais des gags en arabe. Je remplis mes poches de crottes laissées par un dromadaire. Je les jette en pluie sur Moha. Nous rions, et de nouveau le silence.

La chaleur sur les tentes

Par Samuel Courtois :: 01/07/2007 à 11:34 :: Maroc

Il est presque midi. Le silence est tombé sur les tentes. Inattendu. Premier jour de carême, où l’on s’économise. La journée est encore longue. La chaleur sur le reg tremble dans le lointain.

De Zagora à Tagounite

Par Samuel Courtois :: 14/10/2006 à 12:13 :: Maroc

De Zagora à Tagounite, à peine deux heures de taxi. Bientôt, Anega, un dernier col à franchir. Au-delà, le désert. Il fait déjà nuit, et la 4L s’ébroue sur le chemin. Les ensablements se succèdent. Il faut souvent descendre pour pousser. Et puis le campement se détache. Silhouette aplatie des tentes sous le poudroiement des étoiles. Trois verres de thé sur les tapis. Une bougie dans un coin, et le sommeil qui vient très vite.

 

Le vent souffle très fort. Le sable me remplit les yeux. J’aime sentir cette chaleur, cette aridité des bourrasques, cette lueur ténue à l’horizon, dans les nuées sablonneuses évaporées par le vent. Au loin, une kasbah s’endort isolée. Je me nourri de cette absence. Je quitte par instants l’existence, pour entrer dans le vent et la lumière.

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