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Samuel Courtois
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Comment décrire les dunes ?Par Samuel Courtois :: 17/10/2007 à 14:30 :: Poésies
Comment décrire les dunes, Quand tant a été dit, Et si peu à la fois. Sable nomade, Poussière en errance. Courbes éphémères et folles. Plénitude de l'absence. Isolement Et lumière. Brûlure inoubliable Au fond du coeur et des yeux. Abandon au silence Et puis retour parmi les siens. Les dunes sont un passage, Jamais un but. Elles n'existent que par l'absence du reste. Et c'est peut-être ainsi Qu'elles résonnent et nourrissent Tous ceux que le désert accepte. FrugalitéPar Samuel Courtois :: 18/09/2007 à 16:30 :: Maroc
Repas de sardines et de pain. Thé, huile. Nous n’avons plus de légumes. Le bois manque pour cuire quoi que ce soit. Le puits est ensablé, alors l’eau se fait rare. Celle qui nous reste suinte à travers la peau de bouc suspendue à une branche. Nous nous contentons de peu. Et cela nous convient. Je me souviens de cet adage Maure : qui ne se satisfait pas de peu, ne se satisfait pas de beaucoup. Aujourd’hui, nous n’avons pas le choix. Ayoûn el'Atroûs, MauritaniePar Samuel Courtois :: 11/09/2007 à 15:30 :: Mauritanie
Nous traversons en trois journées les quelques oasis que compte le sud de la Mauritanie d’ouest en est. De l’espoir, elles n’en laissent pas beaucoup au voyageur esseulé dans ce no man’s land où la terre à nue souffre les assauts du soleil. Chaque jour la température me semble plus insupportable encore que le jour précédent. La route déroule devant moi un interminable ruban, tantôt de sable, tantôt de goudron, encadré de dunes orangées. Leur sensualité contraste avec la violence du climat. Quelques montagnes saillantes et brunâtres, déchirent le ciel aride de leurs crêtes affûtées.
A la nuit tombée, lorsque le soleil daigne nous accorder un court moment de répit, je m’endors à l’endroit même où je mange, après m’être repu de couscous, de lait et de thé. Errant d’un bout à l’autre de la Mauritanie, les villes m’apparaissent tels des mirages intemporels, silencieusement déposés sur les sables du Sahara.
Les monolithes rougeoyants d’Ayoûn el’Atroûs déploient leur masse fantomatique aux abords de la ville. Ils semblent eux aussi déambuler, indifférents aux assauts répétés du vent, sur les pas d’une invisible caravane. Putréfaction minéralePar Samuel Courtois :: 09/09/2007 à 8:30 :: Poésies
Un autre puits Et des odeurs. La vie qui laisse des traces. Des crottes. Eau et terre mélangées Moisissent. Odeur portée par le vent Comme un témoignage vital. Un feu abandonné. Une chèvre hors du troupeau. Une corde, Un bidon, Un morceau de fer Et, Personne. Le silence et cette odeur. Putréfaction minérale. Vide. Absurde. Et qui ne semble vivante Que par ces traces abandonnées. En route vers El MekiPar Samuel Courtois :: 05/09/2007 à 17:00 :: Niger
Le camion qui doit nous ramener vers El Meki s'écarte à tout moment de la piste pour rejoindre les campements des différentes personnes, jardiniers ou bergères. Les incohérents et laborieux zigzags du véhicule rendent ce périple épuisant. Le soleil, vertical et implacable, ne nous laisse pas le moindre repos. En attendant l’ombre salvatrice du crépuscule, chacun se camouffle de son mieux sous un épais turban de coton.
La nuit tombe à peine lorsque nous nous arrêtons au milieu d’un vaste plateau, entouré de sombres montagnes. Le feu est allumé, et le repas fait d’un gruau de mil, de dattes et de fromage rapidement préparé. Malgré la bonne humeur qui s’était installée parmi les voyageurs, les femmes ne mangent pas avec les hommes. C’est l’usage qui le veut. Chacun son feu. Et puis le marabout d’un village voisin vient accompagner la prière de la nuit. Je savoure la splendeur de cette mosquée aux murs de vent, dont le minaret imaginaire vient se perdre dans les étoiles. Aujourd’hui, le sol de notre couche est sablonneux. Un luxe, comparé aux cailloux des jours précédents. Tout annonce la pluiePar Samuel Courtois :: 22/08/2007 à 9:35 :: Poésies
Le ciel est couvert ce matin. Nuées ténébreuses Et vent rafraîchissant. Tout annonce la pluie. La voilà enfin. Pas une pluie fine, Mais à grosses gouttes Qui font sur la terre sèche des rebonds et des taches. Des grelots sur le toit De ma petite maison. Comme un parfum trempé De terre crue De bois mort. Tout annonce la pluie. La voilà enfin. Une seule pièce en longueurPar Samuel Courtois :: 21/08/2007 à 9:26 :: Maroc
La maison de Basso est plus haut sur les pentes. Une seule pièce en longueur, tout au fond de la cour. La porte rouille. Dedans, des nattes hors d’usage, des couvertures crasseuses et cette odeur d’urine. Sur les murs peints en rose la moiteur dégouline.
Nous finissons notre repas. Oignons, poivrons, pain, huile, sardines. Les épluchures s'amoncellent dans un coin de la pièce. Un morceau de bougie enfoncée dans le col d’une bouteille. Une théière et des verres, un plateau, une gamelle. Il y a trop de mouches. Probablement attirées par le barda du mulet encore trempé de sueur.
Quelques heures à patienter encore. Ces quatre murs m’oppressent. Trop lourds après le vent, trop sombres après la lumière, trop raides, trop murs. Ces quelques heures pesantes, interminables, durent. La sieste est laborieuse. Basso se lève. Et puis se couche. Et puis se lève encore. Qu’est-ce que nous serions bien, ailleurs. |
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