Errances Sahariennes

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Samuel Courtois

Samuel Courtois Carnets de route au désert, poésies, écrits en errance. Sensations notées au pas des chameaux, sur mon cahier d'école. Pas de photos, ni de technologies complexes. Un bic et du papier... volant.

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Mbout, Mauritanie

Par Samuel Courtois :: 10/07/2007 à 19:42 :: Mauritanie

La fourgonnette quitte Sélibabi à la fin du jour, vers un horizon toujours plus lointain. Quelques ensablements plus tard, la tempête de sable qui fait rage nous oblige à stopper notre lente progression. Il n’est plus possible de voir à plus de trente centimètres. Mbout, village fantomatique émergeant du sable après plusieurs centaines de kilomètres sans âme, nous accueille avec la nuit. Il s’agit visiblement d’une étape connue des voyageurs. Les maîtresses de maisons semblaient nous attendre. Elles installent pour nous des nattes sur le bord de la piste, et nous offrent le zrik, traditionnel lait caillé invariablement proposé aux étrangers de passage. Mes compagnons de route et moi avalons un copieux couscous, puis trois petits verres de thé à la menthe, alors que la fatigue me pousse déjà dans les bras du sommeil. Je m’endors sur place, dans la douceur de la nuit. Le désert est la maison de tous ceux qui y vivent. Nul besoin de toit ni de porte. Là ou je pose ma natte est mon foyer. Suprême liberté, beauté de l’instant O combien chères à tous les nomades de la terre.

Sentier

Par Samuel Courtois :: 09/07/2007 à 8:08 :: Poésies

Le désert est chemin le chemin est désert

Où l’on chemine en douce laissant le pas se faire

Sur des sables volants dans les plis de l’étoile

Du berger en errance en des sentiers de voile

Poussière

Par Samuel Courtois :: 08/07/2007 à 8:50 :: Poésies

Et le sable des dunes

Sous le vent

Fond comme neige au soleil

Lahcen toujours à l'ombre

Par Samuel Courtois :: 07/07/2007 à 8:43 :: Maroc

Les dunes s’élargissent peu à peu. Le paysage se mue en de multiples détails. Un point devient une tente, une ligne courbe offre un passage, et le silence murmure, le bruit des cailloux sous nos pas.

 

Pendant ces deux semaines, le campement nous attendait vraiment. Lahcen toujours à l’ombre. Quelques dromadaires, des bidons en vrac, la source non loin, un chien roulé en boule, le sable un peu partout et la théière au milieu.

 

Sous la tente, je m’allonge sur un tapis moelleux. La fatigue m’envahit soudain. Et la chaleur devient pesante. Le vent me manque déjà. Je ressens dans mes yeux le regard lointain des nomades. Besoin de scruter l’horizon, toujours plus en détail. Et la lumière jaune. Très jaune. Telle que je l’aime. Sous les cieux unis du désert. D’un bout à l’autre, l’horizon, jaune.

Souvenir

Par Samuel Courtois :: 05/07/2007 à 8:17 :: Poésies

Le sable entre mes doigts

Colle

Souvenir malgré lui

Glissé au fond des poches

La terre s'éclaircie peu à peu

Par Samuel Courtois :: 04/07/2007 à 8:10 :: Maroc

Le jour se lève sur le campement. Les chèvres et les femmes, les hommes, les vieillards et les enfants. Le ciel rouge et lointain pâlit. D'un bout à l'autre de la plaine, la terre s'éclaircie peu à peu. La vie s'éveille dans les ténèbres. Je profite encore de la pénombre pour me cacher non loin, silhouette accroupie derrière un buisson d'épines.

 

Un troupeau de chèvres s’agite. Une fillette chantonne. Une bouilloire grince. Et déjà l’odeur du feu de bois. L’odeur de la vie. Alors qu’un vieillard s’installe, pour la journée, entre un enfant à moitié nu et un tas d’ustensiles rouillés.

 

Le va-et-vient est familier. Le puits, le moulin, le four. Au dehors, les cailloux et le soleil. Jusqu’aux ergs vaporeux que je devine à l’horizon.

Terre Africaine

Par Samuel Courtois :: 03/07/2007 à 16:21 :: Général

Sanguinolente, à vif, et sans autre recours
Pour la terre Africaine que le compte à rebours
Implacable et cruel d'un assaut minéral
Rougeoyant tel un feu de lumière verticale.

Verdoyante enlacée à ses heures de racines,
De chenus baobabs et manguiers richissimes,
La berge humide et fraîche enchantée par les flots
Emerge comme renaissante en l'alchimie des eaux.

Sous la rosée terreuse d'un printemps latérite,
L'épiderme africain, dont la verdure s'effrite,
Vit d'eau versée des cieux et d'amour calciné.

Mère Afrique, bienveillante, est plus dure bien souvent
Que peut l'être en secret l'acacia sous le vent.
Epineuse est son ombre, et si douce à qui l'aime.

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